Rédiger un livre blanc sur les TNI (Tableaux Numériques Interactifs) afin d’analyser quels pouvaient être les freins qui limitent leur adoption dans les écoles, semblait un pari bien audacieux pour l’homme de communication que je suis avant tout. À ce titre, j’avais le handicap du manque de légitimité pour mener à bien cette tâche ? Il est vrai que la « comm » n’a pas bonne presse. Ni homme de lettres, ni journaliste, ni enseignant, ni universitaire, j’ai pourtant tenté, comme simple citoyen, de m’offrir le luxe de réfléchir, d’enquêter, me documenter et d’interviewer des spécialistes. Seul point d’appui, ma longue expérience de formateurs de jeunes adultes en entreprise dans le domaine de l’informatique et des réseaux. Durant cette période, je fus qualifié de bon pédagogue et j’ai la faiblesse de croire que c’était probablement vrai. En réalité, cette qualité que l’on me prêta n’était guère innée. Ancien mauvais élève, j’ai toujours compris à quel point il était difficile d’enseigner à des étudiants, mêmes sages, des savoirs abstraits et je me suis toujours creusé la tête pour trouver des images, des astuces, des analogies, des représentations, des travaux pratiques… pour rendre les notions à transmettre plus claires et plus digestes, en un mot intelligibles. Après chaque série de cours, le contrôle de connaissance effectué en classe (sans notation), donnait lieu à un échange pour m’aider à comprendre les erreurs ou les confusions, non seulement pour y remédier, mais surtout pour m’aider à trouver d’autres façons d’expliquer. À l’époque je n’avais comme outils à ma disposition, que des feutres de couleur, un tableau blanc, un rétroprojecteur et des transparents.
Dans ce livre blanc, j’essaye d’une part, de démontrer pourquoi il est vital d’éviter la confusion entre pédagogies et technologies. Ce n’est pas la technologie qui dicte la pédagogie, mais bien l’enseignant qui s’aide d’une technologie pour rendre plus efficace la méthode pédagogique qu’il privilégie. Je m’efforce, d’autre part, d’expliquer pourquoi il faut distinguer dans les TICE (Technologies de l’Information et de la Communication dédiées à l’Enseignement) celles qui relèvent de l’organisation, de l’accès et du partage de connaissances, de celles qui sont conçues pour faciliter les processus éducatifs qui s’opèrent, essentiellement en classe.
J’espère ainsi avoir contribué à démystifier la complexité des outils au profit d’une réflexion bien plus utile sur la nécessité de redonner vie à des formes d’enseignement qui favorisent notamment l’attention et la concentration des élèves.
